Ségolène Royal, de Gaulle et la droite
By Brice T. on Sunday, April 15 2007, 14:14 - Politique - Permalink
Je trouve, comme beaucoup d'hommes de droite, que cette campagne manque de souffle. Que nos thématiques soient partout reprises, agitées, confondues, qu'elle alimentent une sorte de fast food mental de la bêtise et du populisme, cela ne me sied pas ; faire de la Patrie, de la Nation un vulgaire argument électoral, décharger des tombereaux de racisme envers les descendants de nos soldats des colonies morts pour la France, tout ramener à l'économie et à la fiscalité comme si cela suffisait à redresser un pays exsangue et angoissé, cela ne me plait pas.
Quel est l'état de nos forces ? L'extrême droite, aux propos parfois séduisants mais toujours plombés par une vulgarité et une haine mesquine des petites gens, s'est bien éloignée de l'Action Française et des auteurs de talents qui avaient, eux, le sens de la patrie - non pas, comme aujourd'hui, celui du jambon beurre et du match de foot. L'UMP, mon parti fétiche, me déçoit de jour en jour. Quel homme providentiel avons-nous désigné en votant sans autre choix, comme des soviets ouvriers ? Est-ce vraiment lui qui porte nos valeurs, avec ses chemises brodées à ses initiales et sa montre de nouveau riche ? Quant à François Bayrou, n'en parlons pas : le centrisme mou est, comme disait Pascal parlant de la voie moyenne, "méprisable devant les hommes et abominable devant Dieu".
Curieusement, nous avons gagné la bataille des idées, mais au prix de la perte de notre identité ; aujourd'hui, même la gauche avance une candidate qui semble, de part sa personne, correspondre à nos valeurs. Certes son programme fait d'assistanat et de fiscalité confiscatoire n'est pas de mon goût, pas plus que les fausses avancées progressistes concernant le mariage des homosexuels, cette horreur qui détruirait l'édifice de 20 siècles de christianisme. Mais le plus archéo-gauchiste des sociologues, le gueux béarnais Bourdieu, voyait déjà en elle "un habitus de droite".
Et c'est aujourd'hui l'un des héritiers les plus indiscutables du Général qui appelle... à voter pour Royal. Qu'un patriarche issu d'une telle lignée - même si sa famille a pu se compromettre avec la gauche festive - en arrive à transgresser le réflexe partisan me semble digne de considération. Ecoutons le, avec tout le respect que nous devons à un vrai gaulliste, dans sa lettre à l'hebdomadaire guévariste-caviar le nouvel observateur :
Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.
Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.
Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres.
Voila qui donne à penser. Faut-il, pour assurer la victoire de la droite, en passer par le triomphe de l'idéologie petite bourgeoise des représentants de commerce ? De Gaulle, notre référence suprême, aurait-il mis "l'intendance" sur un tel piédestal comme le fait notre candidat soviétique ? Confier les rênes du pays à un homme agité et inculte, qu'on verrait plutôt remplir les rayons du carrouf de Noisy à 6 heures du mat (lui qui "se lêve tôt") que de disposer de la force nucléaire, ne m'enchante pas ; pour peu qu'il ne tienne pas ses promesses de grand soir fiscal, qu'aurions nous à y gagner ?
Au contraire, cette femme, fille de militaire, catholique et honnête, non dénué d'un certain autoritarisme qui tranche avec l'impertinence crasseuse des bonimenteurs, n'est-elle pas notre meilleure chance pour refaire quelque chose de la France, plutôt que de la vendre entièrement aux marchands du temple ? Et n'est ce pas le temps de nous réconcilier avec ce peuple de gauche, gens des faubourgs, petites mains, retraités affamés qui ont pourtant travaillé dur avant que la finance mondialisée n'anéantisse leurs années d'efforts ? L'union nationale, n'est ce pas le vrai projet gaulliste ?
Et si, au-delà de la droite, la France gagnait à voter Ségolène Royal ? Je me perds en conjectures...
Comments
Ne votez pas pour chicken little.
Cet homme de petite taille (1m58), qui gravite depuis plus de 30 ans autour des magouilles politiciennes, réclame au peuple français son investiture pour la plus haute fonction de l’état. Avocat de formation, grand ami de beaucoup d’hommes importants particulièrement dans les medias tels que Martin Bouygues (qui est le parrain se son fils) ou Michel Drucker, mais aussi Johny Halliday, Doc gynéco -de bons et honnêtes citoyens français qui n’hésitent jamais à payer leur impôts- ou de Pascal Sevran aux idées étranges sur la « bite des noirs » ou encore de Steevy Boulay grand philosophe et bouffon chez Ruquier. On peut noter aussi sa passion pour le sport, le vélo en particulier et le foot avec le PSG, club de Paris avec nombre de supporters d’extrême droite. A 28 ans, il devient maire de Neuilly avec l’appui de Charles Pasqua dont il dira « tout le monde sait que je suis son double ». Après une première tentative ratée de conquérir l’Elysée en tant que bras droit du pélican, et au passage un baiser de Juda à son mentor, voilà qu’il se propose lui-même d’endosser la tenue présidentielle. Cette homme, qui se décrit comme un immigré et qui n’hésite pas à en rafler et à en expulser d’autres vers des destins tragiques, se veut aujourd’hui le président d’une France soi disant juste, mais aussi « pure », comme le prouve ses déclarations sur les gênes. Ses affirmations, publiées dans psychologie magazine, prouvent sa pertinence à parler de choses qu’il ne maitrise pas, comme beaucoup d’autres sujets, notamment historiques : ses déclarations récentes sur le passé de la France prouvent son intérêt à cultiver les terrains de l’extrême droite, ce qui le rapproche par ses idées, de personnages comme le Pen ou De Villiers. Le seul talent qu’on peut lui accorder est d’être un bon communicant, notamment dans l’art de manier la démagogie et la langue de bois sur les sujets qui fâchent -en particulier sur son bilan place Beauvau avec par exemple le nombre de bavures policières depuis son arrivée au ministère de l’intérieur. Les arguments contre lui ne manquent pas, mais pour les sceptiques convaincus des qualités de l’homme et les inconditionnels de la droite dure, tentons quand même de les étayer plus précisément.
L’immigration d’abord, son sujet préféré avec la délinquance dont il n’hésite pas à créer des passerelles entre les deux, son thème préféré pour fédérer son électorat et ratisser aisément du coté des extrêmes. « La France on l’aime ou on la quitte » (Le Pen 1980), de par cette déclaration choc, on comprend tout de suite sa vision radicale de l’immigration : soit vous êtes d’accord avec moi, soit vous êtes contre moi. Voila sa vision politique pour la France. N’est-on pourtant pas en droit de s’interroger sur la France actuelle et sa dérive sécuritaire sans devoir plier bagage ? N’oublie-t-il pas l’apport des immigrés à la terre de France? Sans eux la France ne serait surement pas devenue ce qu’elle est : une des premières puissances au monde. Les enfants, petits enfants d’immigrés, dont il se revendique lui même, n’ont-ils pas le droit de réfléchir sur leurs conditions sociales, dans lesquelles on a cantonné leurs parents ? Eux qui sont nés en France, qui participent à l’économie Française, qui représentent pour certains la France dans les plus grandes compétitions mondiales par exemple, doivent ils quitter la terre de France ? Et si ce tyran de la nationalité française n’est pas élu, devra-t-il lui-même quitter le pays, sous prétexte que le peuple n’aura pas voulu de ses idées préconçues sur les étrangers ?
Parlons à présent de ses actions en tant que premier flic de France. Les rafles qu’il a organisées avec les services de l’état nous ramènent aux heures les plus sombres de la seconde guerre mondiale, à l’heure où les services de l’état Français (police, gendarmerie, transports ferroviaires) livraient des gens à la mort. Une de ses opérations spectaculaires couvertes par les medias fut l’évacuation d’un bâtiment inoccupé de la fac de Cachan. Bon nombre de ces gens étaient en situation régulière sur le territoire et avaient même pour certains un travail ; on dira qu’ils « squattaient irrégulièrement ». Mais à part précariser leur situation et les mettre sur le devant de la scène médiatique pour les stigmatiser, à quoi cela servait il réellement d’expulser ces personnes ? Après avoir trouvé refuge dans un gymnase de Cachan et fait l’actualité pendant plusieurs jours, on n’eut plus aucune nouvelle d’eux. Certains sans papiers furent expulsés ; pour d’autres, en possession de papiers français ou de titres de séjour et exerçant un emploi, la galère continua par faute de politique sur le logement mais aussi par la faute de municipalités hors la loi qui ne construisent pas assez de logements sociaux comme à Neuilly. Pour lui, les personnes ne sont que des marchandises qu’on traine de droite à gauche, son seul intérêt étant de voir les chiffres de l’immigration parler en sa faveur. La condition sociale, le malheur, la misère d’enfants déscolarisés n’ont guère d’intérêt pour lui et ses préoccupations ne sont qu’électorales. Une de ses toutes premières grandes sorties médiatiques fut Sangatte sur le problème des migrants voulant fuir vers l’Angleterre, son premier acte a été de fermer le centre de la Croix Rouge, et depuis, des centaines de kurdes, d’iraquiens et de kosovars errent dans les rues de Sangatte. On entend souvent parler des problèmes qu’ils causent mais pas de leur condition de vie en France : depuis la fermeture du centre de la Croix Rouge, ils doivent voler pour se nourrir et dormir dans des squats ou des blockhaus ; son action a entrainé encore plus de dégâts qu’il n’y en avait auparavant. Les medias, à part régionaux, n’ont jamais cherché à contre enquêter sur la situation actuelle et sur le bilan de son action menée à Sangatte. Pourquoi ? La rafle lors d’une soupe populaire d’Emmaüs prouve bien sa haine de l’étranger et son peu de morale, lui qui se réclame pourtant chrétien et avoue une admiration au pape jean Paul II. Alors que les immigrés se regroupent pour venir se ravitailler, notamment grâce à l’appui d’organisations non gouvernementales, ses services en profitent pour les contrôler et les renvoyer comme des animaux piégés vers leurs pays d’origines. N’était il pas au courant des agissements de ses services comme il s’en est défendu ? Était-il déjà en campagne et ses services s’autogéraient donc ? De même, le cas de l’école Rampal, quand la police arrêta un grand père chinois devant les yeux de sa petite fille, qu’elle n’hésita pas non plus à pénétrer dans une école, à bousculer la directrice devant les enfants et les parents d’élèves. Cette France qu’il a gouvernée en tant que Ministre d’Etat, qu’il décrit à longueur de meetings, faite de partage, d’espérance, d’ouverture, d’égalité… confirme-t-elle ses actes ? Que signifie réellement son slogan de campagne « ensemble » ? Ensemble sans les immigrés qui volent le pain des français ? Sans les jeunes racailles de banlieues ni les chômeurs qui ne se lèvent pas le matin ? Sans les musulmans égorgeurs de moutons dans leurs baignoires ? Est-ce cela la France qu’il nous propose ?
On peut parler ensuite de ses incursions pitoyables sur les chemins risqués de la science mais surtout sur celui dangereux de l’eugénisme. Ce fils spirituel de Chirac, quand il ne peut trouver une réponse rationnelle à un problème, s’aventure sur des terrains obscurs qui rappellent des années sombres. Sa dernière incursion sur ce sujet fut publiée dans psychologie magazine. Dans une interview, on y apprenait qu’un gêne de la pédophilie et du suicide existerait et donc qu’on naitrait avec. Cette théorie fut mise au profit de son thème favori : la délinquance, et en particulier celle des mineurs, avec la grande idée de chercher les futurs délinquants dés la maternelle, alors qu’on sait tous que les problèmes de délinquance sont souvent liés aux conditions sociales et au cadre de vie de l’individu. Un éventuel futur président qui viendrait à penser qu’on nait avec des prédispositions à faire le mal est un véritable danger. Décidera t il de mettre en place des centres de rééducation pour les jeunes enfants comme sous certains régimes ? Que fera t il alors de tous ces nouveaux dégénérés, a-t-il prévu quelque chose d’aussi radical que sa pensée ? Ce dérapage qui n’a pas l’air de susciter tant d’indignation que ca, alors que cela nous ramène à une sombre époque de l’Europe où l’on triait les populations pour sélectionner les soi disant « êtres supérieurs ». Le plus surprenant est que les medias n’ont absolument pas analysé ou commenté ces propos affligeants, alors que dans la bouche d’autres auteurs, ils auraient parlé de débordements infâmes. Pourquoi tant d’impunité à son égard ?
Puis ne s’arrêtant pas la, notre candidat se préoccupa d’histoire et en particulier, à celle glorieuse de la France. «Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'homme, et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté.» Trou de mémoire, erreur, inconscience ou manque de culture historique ? La France n’a certes pas inventé la solution finale mais n’a t elle pas contribué à déporter en masse des populations ciblées vers la mort ? Ce déni d’histoire est une honte. Oublier les juifs Français morts dans les camps nazis juste pour quelques rapprochements nationalistes avec les amoureux de la France est un débordement gravissime. La France doit regarder son passé même le plus sombre, ne pas oublier la guerre d’Algérie et ses milliers d’algériens torturés, tués pour leur indépendance par les autorités françaises de l’époque. Les colonies en Afrique noire ne sont elles pas une forme de génocide ? Asservir un peuple sous prétexte d’infériorité pour lui piller ses richesses humaines et financières n’est il pas assez grave pour reconnaitre les atrocités des autorités françaises ? Après l’esclavagisme, pour lequel les ports du Havre et de Bordeaux ont souvent été la première destination de nombre d’africains déportés vers l’Europe, la France doit elle se sentir fière de sa période précoloniale ? La France a un passé maculé de sang, il est tragique pour de simples enjeux politiques, de flirter avec les nationalistes pour leur prendre des voix, de jouer avec l’histoire comme le gouvernement, le chef de l’UMP et aussi candidat à la plus haute fonction et ses acolytes ont tenté de le faire en parlant des bienfaits de la colonisation. Renier la passé sanguinaire de la France, c’est empêcher d’avancer ensemble vers une identité commune.
Enfin comment passer sous silence son bilan désastreux au ministère de l’intérieur. A s’évertuer à parler de sujets sans grande importance pour la plupart, voire même vides de sens, les journalistes en ont oublié l’essentiel : son bilan médiocre en tant que ministre de l’intérieur. Le fait majeur fut les émeutes en banlieues, déclenchées en partie par ses provocations et l’impunité totale qu’il a donnée à ses services lors de sa nomination. Sa fierté, l’absence de morts pendant les émeutes urbaines… Mensonges ! Dans la ville de Roubaix (dans le nord de la France), un feu allumé par des jeunes pendant les événements de juin dans un immeuble causa la mort de 4 personnes, prisonnières des flammes et qui, pour échapper aux flammes, se jetèrent dans le vide. Pourquoi la presse ne lui apporte elle jamais une contradiction ? Pourquoi la presse nationale n’a-t-elle pas relayé l’information ?
Le chiffre des violences sur les personnes (+ 6,6%) n’a jamais été aussi élevé en France ; et les chiffres donnés par son Ministère n’ont aucun rapport avec la réalité. Sa police ne fait plus que de la répression et du chiffre, juste pour conforter le ministre dans ses sorties médiatiques hebdomadaires ; même ses fideles et braves policiers se sont mis en grève. Pour la première fois, le syndicat de droite, majoritaire généralement dans la police, a été battu. Jamais la police de France, qui est censée nous protéger, n’a été aussi détestée. Les bavures policières en augmentation (25 % de plus) depuis son arrivée n’y sont pas étrangères : 2 agressions supposées en moins de 2 semaines dans la métropole lilloise ces derniers jours. Son bilan, qu’il tente pour des raisons évidentes de passer sous silence, est calamiteux. Ses principaux électeurs, terrorisés par les mêmes medias qui l’encensent, penchent donc vers la solution sécuritaire. Ils devraient pourtant se rendre compte que le climat actuel est insufflé par ce dépositaire de la méthode Pasqua, responsable de la sécurité depuis 5 ans, et qui semble prêt à tout pour arriver à ses fins présidentielles.
En conclusion de ce réquisitoire pour certains ou plaidoirie pour d’autres contre chicken little, il faut comprendre que cet homme de la droite libérale, arriviste, démagogue, populiste, veut juste par tous les moyens (en insufflant de la peur aux Français, en contrôlant la presse écrite, radiophonique et télévisuelle, en stigmatisant l’étranger et en se rapprochant des extrêmes) s’emparer du pouvoir. En quelque sorte un clone parfait de Silvio Berlusconi. Ne pas lui donner sa voix dimanche 6 mai, c’est éviter de se retrouver dans un Etat gendarme, basé sur le repli et la peur de l’autre. Cet homme est dangereux pour l’équilibre national que son gouvernement n’a fait que fragiliser depuis 5 ans. Si ce candidat est élu, les libertés individuelles seront bafouées, la presse sera contrôlée, censurée. Les mêmes privilégiés continueront à obtenir des passes droits alors que le peuple qui souffre, chômeurs, travailleurs, jeunes, retraités, immigrés (qui sont les moteurs de la France) seront maltraités par sa politique libérale qui n’a pour but que de démanteler les acquis sociaux restant. Pour les internautes qui liront ce message à caractère juste informatif, ne donnez pas votre voix à cette personne, sous peine de voir s’éteindre l’un des derniers bastions médiatiques encore libre en France.
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