Au delà d'un geste sanguin qui répondait heureusement aux provocations fielleuses et n'en doutons pas, racistes, d'un boucher italien (à vendre), personne ne parvient à voir l'intense actualité politique du coup de tête dans le plexus que notre grand Zidane a magistralement administré au tricheur Materazzi.

Certes, dans sa grande sagesse, le peuple de France a compris qui était le vrai coupable, et s'il accepte à demi-mot cette sanction pourtant venue trop tardivement, il pardonne à son génie et blâme le vil azzuro. Mais personne pour se rendre compte de la portée révolutionnaire du coup de boule.

Il répondait ainsi, subtilement, à la présence maternante de Ségolène Royale dans la tribune ; comme l'éditorialiste bobo d'un quotidien en faillite, que je ne tiens pas d'habitude dans mon estime, Zidane a eu cet éclair de lucidité, et s'est sacrifié pour sauver les valeurs de la virilité en s'exprimant comme il sait le faire, avec son corps.

Une Ségolène, sur le terrain, aurait regardé Materazzi d'un air réprobateur, lui aurait demandé des excuses, avant de tenter de lui laver la bouche avec du savon tout en essayant d'écrire un mot à ses parents dans son cahier de correspondance ; n'en doutons pas, elle aurait appelé l'arbitre, "m'sieur, m'sieur, y m'a traité" et aurait remis ses griefs à l'autorité officielle et tutélaire, ici un arbitre mais ailleurs une assistante sociale ou un quelconque fonctionnaire.

Zidane, lui, restaure les règles ancestrales de l'honneur qu'on voudrait détruire à coup d'amour maternel passé au rang de principe d'Etat. Il instaure à nouveau le règne du père dans cette société amollie et en même temps exigeante et possessive comme une mère névrosée. Grâce à lui, on peut enfin prédire la chute de Ségolène, de la gauche molle, et de l'Etat big mother. Merci à vous, Zidane !