Contrairement à toutes les cassandres de service, qui ont été les premières à lacher nos sportifs tricolores dès que la perspective d'un triomphe s'est quelque peu éloignée, je n'attribuerais pas à l'âge la cause de l'essoufflement de notre équipe.

Non, si nous sommes la risée du monde entier, tenus en échec par un presque pays du tiers-monde ou des éleveurs laitiers milliardaires, si le champ de notre honte bientôt bue et rebue se trouve en Allemagne, notre ennemi séculaire, si les passes de Zidane sont toujours trop courtes ou trop longues, bref si une impression de confusion fatiguée emplit l'écran au point de susciter les baillements, c'est bien parce que nous avons, tous, perdu le sens du combat.

Comment ne pas voir là encore une conséquence obcène de l'Etat providence ? Endormi par les mamelles de l'argent de la sécu, gavé de subvention et d'allocations en tout genre, habitué à recevoir avant même de demander, trouvant normal de brûler écoles et voitures pour se distraire de l'ennui, qui est le fruit de cette indolence chèrement payée par les quelques fous qui continuent de travailler, le peuple français vivote, et son football lui ressemble.

Hélas, le précédent douteux de 1998 a pu laisser croire que ce genre de recettes fonctionnait ; distribuons de l'argent, disent encore les socialistes avec d'autant plus d'aisance que ce n'est pas le leur, et nous aurons de la justice et de l'égalité, et la cohésion sociale jaillira spontanément là où le vilain marché ne créé que desespoir et pollution, et même nos enfants biberonnés deviendront de grands sportifs !

Ce modèle proprement soviétique devrait faire réfléchir vu le sort peu glorieux de la république des rouges, quand on se souvient que les premiers signes encourageants d'un pays en voie d'enrichissement, grossis et magnifiés et prolongés dans le formol par nos enragés staliniens, n'auront pas fait longtemps illusion. Et les mêmes adorateurs de Lénine et de sa dynastie sanguinaire veulent aujourd'hui nous empêcher de nous voir nous réduire en une rouille toxique, tel le Clémenceau.

Nous ne savons plus ce que c'est que de nous battre ; ni sur les marchés, ni au foot, ni dans les guerres que nous concèdons à notre grand frère américain, trop apeurés à l'idée d'affronter à la loyale les sbires de l'islamoterrorisme. Et le foot n'est-il pas ce reflet cruel de la violence du monde, qui n'a pas pu disparaitre comme par enchantement ? Comment une équipe plus motivée par le repos façon 35 heures et la mystique des congés payés, dont on fête complaisament l'anniversaire en attendant celui de la Défaite, que le travail acharnée, pouvait-elle seulement faire illusion ?

Le foot, c'est ce retour au réel qui nous averti charitablement que nous faisons fausse route, que l'avenir appartient à ceux qui luttent et non à ceux qui voudraient, dans ce monde à l'envers qui voit encenser les soi-disant victimes du marché tandis que les patrons travailleurs sont villipendés, encore plus de sécurité et encore plus de chèques en blanc, jusqu'à ce qu'on leur ôte effectivement "le trouble de penser et la peine de vivre".