Bayrou, reflet médiocre d'une basse époque
Par Brice T., lundi 26 février 2007 à 19:23 :: Politique :: #50 :: rss
Qu'il suffise aujourd'hui d'embrasser un cheval, d'un côté, et de ferrailler contre la soi-disant domination de TF1, de l'autre, pour réveiller des fantasmes quichotesques jamais totalement éteints ; qu'il faille s'allier avec des ronds-de-cuirs autoproclamés économistes, faire assaut de mesquinerie, prétendre dépenser le moins possible, et s'arranger ainsi les soutiens de la bien nommée classe moyenne ; qu'un peu de lettres, et d'avoir passé par une école de fonctionnaires, puissent donner l'impression d'être un homme de goût : voilà en trois instances résumées les contradiction de notre pauvre époque, en son amour soudain pour François Bayrou.
Que le salut puisse venir d'un tel clown, qu'il fasse figure de renouveau, lui le plus carriériste et le plus prévisible des hommes, lui dont l'acte de plus haute bravure a consisté à changer de banc à l'Assemblée pour préserver un quarteron de députés et les subventions afférentes, et que sa réputation "d'homme libre" - jamais guillemets n'ont été plus appropriés - vienne tout entière de ce fait d'arme de bureaucrate, voila qui donne encore le ton de cette campagne en basses eaux.
Quand certains traversaient des déserts, s'éloignaient de longues années, laissaient décanter leur pensée politique et leur amour du peuple en une sagesse renouvellée, il suffit aujourd'hui de changer de discours, de prétendre se fâcher, et de multiplier les moulinets d'autant plus dépourvus de conséquences que le pouvoir et ses responsabilités n'ont jamais été aussi lointains.
Quant à parler de politique, il suffit de convaincre des demi-habiles qu'ils voient juste quand ils s'affolent de la dette et de leurs impôts, de l'argent qu'ils laisseront à leur descendance pour qu'elle s'amollisse dans le même petit confort ; ceux-là même qui s'imaginent pouvoir être gouvernés comme un troupeau de moutons, sans ferveur mais la main fixée sur les quelques instruments macroéconomiques de notre souveraineté perdue et qu'ils se vantent de connaître.
Quel glorieux, singulier destin de notre petite bourgeoisie, parlant d'entreprendre à tout bout de champ pour mieux accumuler les sicav plus quelques signes de distinction manufacturés à la chaîne par des marchands de rêves formatés, et avoir l'impression d'exister aux yeux des autres ; parlant de politique pour se ruer dans les bras du chantre de la moyenne, du professeur de petite vertu ; se moquant du peuple tenté par les extrêmes pour se vautrer dans un populisme de genre nouveau, celui qui donne l'impression aux esprits technocrates de pouvoir enfin se reconnaître dans un être politique, sinon singulier, le bon gestionnaire qui nous promet un morne avenir.
Commentaires
1. Le lundi 26 février 2007 à 23:33, par Jean Brumer
2. Le lundi 26 février 2007 à 23:35, par Brice T. :: site
3. Le mardi 27 février 2007 à 09:42, par Raspoutine
4. Le jeudi 1 mars 2007 à 14:42, par Gilles C. :: site
5. Le vendredi 2 mars 2007 à 09:38, par Marilyne :: site
6. Le vendredi 2 mars 2007 à 13:59, par filaplomb :: site
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