Seul André Santini, député (UDF) des Hauts-de-Seine et proche de Nicolas Sarkozy, a pris sa plume, non sans malice, et avec un style rappelant les grandes pages de la pensée de droite, pour interpeller Villepin en jouant sur la fougue du Premier ministre : « Vous qui avez, et avec quel talent, exalté le génie de Napoléon pendant les Cent-Jours, (...) vous qui, en héritier du général de Gaulle, célébrez à chaque occasion la grandeur de notre pays, pouvez-vous tolérer qu'aucune célébration officielle ne soit prévue» pour le bicentenaire d'Austerlitz ? Et de préciser à Libération qu'il voit là « un signe de la France qui tombe, oublie son passé » et se sent, lui, « fatigué d'entendre que la repentance doit maintenant s'appliquer à Napoléon ».

En ces moments où l'on doit s'excuser de tout, et surtout d'être français, d'avoir eu le malheur d'apporter le rail et la modernité à des sauvages esclavagistes et polygames, et vêtus au mieux de pagnes, s'excuser encore de ne pas avoir eu que des résistants dans notre difficile lutte contre l'envahisseur nazi, s'excuser de laisser des étrangers en HLM alors qu'ils sont quand même mieux lotis qu'au bled, il faudrait encore battre sa coulpe sur Napoléon ? Mais qu'est ce que pèsent ces centaines de milliers de morts face à la grandeur de l'expédition militaire, qu'est ce qu'on se fout de la dictature impériale quand on sait que le grand homme à fondé notre droit, pourquoi se soucier du rétablissement de l'esclavage alors qu'il n'était que théoriquement aboli ?

On veut nous faire honte, et comme dirait le visionnaire penseur Finkielkraut, nous empêcher de voir combien est supérieure notre civilisation, et glorieuse notre histoire. Napoléon, c'était l'action, l'aventure, la guerre, le temps de la virilité, le temps des grognards, pas une époque de femmelettes pressées de prendre leur congé paternité pour développer la sensibilité de leurs enfants !