Les quelques âmes égarées qui lisent encore ce blog de prophète perdu dans le désert savent qu'il y a quelques mois, déja seul contre tous, brindille sur la mer démontée du politiquement correct, j'avais osé émettre une réserve contre la candidature de Laurence Parisot, et justement parce qu'elle est une femme - la raison pour laquelle beaucoup se réjouissent aujourd'hui.

Mais ne nous y trompons pas ! Qui se réjouit ? Les petits patrons qui bossent 16 heures par jour et ont à peine eu le temps d'apprendre la nouvelle, entre deux pannes de machines et les coups de sangle pour réveiller les ouviers fainéants ? Ou alors la clique gauche caviar et féministe de la rive gauche, trop heureuse de marquer encore une victoire contre les hommes, comme s'il fallait encore montrer qu'hélas, les femmes sont bien nos égales ?

Je ne suis pas de ceux qui croient que le libéralisme gagnera à avancer masqué derrière la féminité de Laurence P., et d'ailleurs ceux qui crient à la victoire semblent avoir du mal à accepter ses quelques propos innocents et bêtement vrais sur le code du travail, ce destructeur de croissance. Au contraire, je crains que la gadgétisation d'une présidente femme empêchera de voir ce qui ne fonctionne plus dans notre pays, et au premier chef, comme je l'écrivais, le fait qu'une femme, même célibataire, abandonne symboliquement sa place au foyer pour jouer à la guerre avec les autres patrons, et se coltiner les beaufs syndiqués.

Quel sera alors le devenir du Medef, féminisé, polissé, paré de toutes les vertus comme des charmes du maquillage, quand il faudrait au contraire remobiliser cette France qui ne croit plus au travail ? Qui négociera face aux syndicats ? Qui portera les intérêts de la France, et de ce qui lui reste de puissance économique : imagine-t-on la tête des chinois face à une femme ? Bref, tout cela n'augure rien de bon.